Si elle ne parlait pas un mot de français en arrivant dans le vestiaire de la salle du Hainaut il y a un peu moins de neuf mois, Reka Cserny maîtrise presque parfaitement son sujet au moment de faire ses bagages pour retrouver sa Hongrie natale. Elle y écrira une nouvelle page de sa vie, loin des paniers : titulaire de plusieurs diplômes universitaires en économie et management, Reka Cserny travaillera dès septembre pour l'antenne de Budapest d'un grande société américaine spécialisée dans le conseil aux entreprises. Rien que ça. Alors que tant de sportifs de haut niveau - quelles que soient les disciplines - peinent à trouver une reconversion, Reka Cserny a pris les devants. « J'ai joué au basket presque tous les jours depuis que j'ai l'âge de 7 ans, sourie cette belle jeune femme d'un mètre quatre-vingt-dix. Peut-être que j'y jouerai encore pour me faire plaisir si ça me manque vraiment mais je ne sais pas combien de temps j'aurai en dehors du travail... Je ferai du sport, mon corps a besoin de bouger, mais aujourd'hui je souhaite faire autre chose et c'est le moment ».
Pas de raz-le-bol derrière tout cela ? « Non. Cela fait un moment que j'y pensais. Quand je suis arrivée à Valenciennes, j'étais certaine d'arrêter le basket à 90 % à la fin de la saison. Il y avait 10 % de chance que j'en fasse une de plus. Ce n'est pas le cas. » Reka Cserny a mis un peu de temps à trouver ses marques dans le Hainaut. Mais ce n'est pas ce qu'elle retiendra : « Il y avait une nouvelle équipe, un nouveau coach... Il m'a fallu deux-trois mois pour jouer un meilleur basket. En France, c'est beaucoup plus physique qu'en Hongrie, les arbitres nous laissent être plus agressives et ce n'est pas mon style. A Sopron, je connaissais bien les filles, il y avait des automatismes. Ici, c'était plus difficile. Et puis on attendait beaucoup de nous parce qu'il y a un passé dans ce club, des joueuses y font de grandes choses. Pour nous, la saison s'est terminée trop tôt. J'étais triste aussi pour les gens du club et pour les supporteurs, aussi quand je les ai vu réagir après la fusion. Mais de part mon caractère, je ne veux retenir que le meilleur. Et j'ai vécu une bonne expérience » De son passage à VO, plus largement, de sa carrière sportive, Reka Cserny mesure l'atout principal : « Savoir travailler en équipe ». Elle qui aura en charge des mission de pointes ponctuelles dans les entreprises, tant en coaching que dans d'autres domaines, envisage dans quelques années de poursuivre de nouvelles études pour affiner son savoir-faire ainsi forgé. Un bel esprit d'entreprise né dans l'université qui lui a permis d'unir sport de haut niveau et études qui le sont tout autant : Harvard.
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MARTINE KACZMAREK