Lille 3000 jouant le rôle d'aiguillon vers la création d'Europe centrale, quatre spectacles venus de Hongrie, Pologne et Croatie seront accueillis courant mai (trois dans la grande salle, un à l'Idéal de Tourcoing). C'est également un spectacle de l'Est signé d'un auteur macédonien, Dejan Dukovski, qu'a choisi Stuart Seide pour la sortie de la deuxième promotion des quinze élèves de l'EPSAD (école professionnelle d'art dramatique). Avec un titre résumant à lui seul le caractère « déjanté » d'un texte « insolent, drôle, scatologique » : Quel est l'enfoiré qui a commencé le premier ? (du 26 juin au 2 juillet).
Auparavant, dix spectacles s'échelonneront d'octobre à avril, avec en prélude, une courte reprise des Amoureux (Goldoni) dans la mise en scène de Gloria Paris, artiste associée, qui avait réjoui les publics lillois cet hiver (du 4 au 6 octobre avant trois mois de tournée).
Côté répertoire, le Théâtre du Nord accueillera un Tartuffe (Molière) dans la mise en scène de Stéphane Braunschweig, futur directeur du théâtre de la Colline à Paris, (6 - 16 novembre) et revient à Henrik Ibsen, peintre de la bourgeoisie norvégienne du XIXe siècle avec Le Canard sauvage dans une mise en scène d'Yves Beaunesne dont on vient de voir le Rigoletto à l'opéra (11 - 21 février). C'est dans le romantisme allemand que Stuart Seide est allé chercher sa création, en proposant une mise en scène de Mary Stuart de Friedrich Schiller : le destin de deux reines du XVIe siècle dont l'une, Elisabeth Ire d'Angleterre, fait exécuter l'autre, Mary Stuart d'Écosse. « Un projet qui me trottait dans la tête depuis quinze ans, mêlant l'épique et l'intime, la raison d'État et la jalousie, comme chez Shakespeare » (8 - 31 janvier).
Plusieurs textes d'auteurs contemporains seront présentés : Plus loin que loin (Zinnie Harris) mise en scène de Pierre Foviau (20 - 30 novembre), Le Silence des communistes (huit lettres de vieux militants) mise en espace de Jean-Pierre Vincent (10 - 19 décembre) l'un et l'autre à l'Idéal de Tourcoing. Plus inattendu, Sacha Guitry (Le Nouveau Testament) mise en scène de Daniel Benoin avec Marie-France Pisier, où l'Idéal sera investi par une soixantaine de canapés blancs pour les acteurs et les spectateurs (12 - 15 février). Au coeur de la saison, trois univers, trois jeux d'acteurs : La Ville de Martin Crimp (jeune auteur britannique) mise en scène Marc Pacquien avec Marianne Denicourt (17 - 21 mars), La Charrue et les étoiles de l'Irlandais Sean O'Casey (l'histoire et la politique du côté des humbles) mise en scène Irène Bonnaud (1er - 9 avril à l'Idéal), Minetti de Thomas Bernhard, où la destinée d'un grand acteur du théâtre allemand, Bernhard Minetti, sera campée par un très grand acteur français, Michel Piccoli dans la mise en scène d'André Engel (8 - 18 avril).
J.-M. D.
PHOTO ALEXIS CHRISTIAEN
À suivre
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