bdefontaine@lavoixdunord.fr PHOTOS DIDIER CRASNAULT
De part et d'autre, les travaux vont bon train. Hôtel (lire ci-dessous) et patinoire ouvriront dans les mois à venir. Au milieu, une construction est achevée depuis de longs mois, et avec elle le second oeuvre. Celle d'un bâtiment développant plus de 3 000 m² au sol et destiné à accueillir le « Sunset Concept ». Ce qu'on appelle communément « le deuxième bowling », mais qui, dans l'esprit de son concepteur, Claude Costantini, un conseiller en gestion de patrimoine, n'est que « la tête de gondole » : outre les 24 pistes d'un seul tenant, le projet comporte salles de séminaire - dans la mezzanine de 1 400 m² -, restauration, ainsi qu'un mur d'escalade de 13 mètres.
À l'intérieur, tout cet aménagement technique reste à faire. Car les travaux ont été stoppés. Claude Costantini a vendu le 28 décembre 2006 à Proudreed, un fond d'investissement britannique implanté en France, qui doit louer l'ensemble à une société d'exploitation. Le vendeur, resté arc-bouté à son projet, en a bien constitué une, Bowling Valenciennes Family Center SARL, au capital d'un million d'euros, le 15 juin 2007, mais elle a été dissoute par anticipation quatre mois plus tard, le 20 octobre. Quant aux deux sociétés qui composaient son capital, Saphir - porteuse du projet - et Fonciaval - maître d'ouvrage -, qui ont toutes deux Claude Costantini pour gérant, elles ont été mises en liquidation le 28 avril dernier. Au passif de Fonciaval : une facture de 755 000 E non payée au constructeur, Gerim, qui a intenté une procédure en référé. Échaudée, cette filiale de Rabot-Dutilleul a obtenu par la suite un paiement direct de la part de Proudreed. Le coût de la construction s'élevant à un peu plus de 4 M E HT.
Claude Costantini, lui, avance le chiffre de 5 M E, invoquant des « dépassements ». L'homme s'échine à trouver de nouveaux partenaires pour faire aboutir son projet. Car des investisseurs, de guerre lasse, l'ont lâché, et il n'a pas réuni la totalité de la somme nécessaire, estimée à 2 M E, pour démarrer l'exploitation.
Mais est-il encore l'interlocuteur privilégié de Proudreed ? On y évoque « un dossier complexe », qui sera « clarifié dans le mois ». Un bowling est-il toujours d'actualité ? Rien n'est moins sûr, d'autant que la situation de cet équipement neuf mais vide, dans un secteur aussi stratégique, a alarmé les institutionnels locaux. Même si l'on est dans le domaine privé. « C'est un bâtiment qui a beaucoup de qualités fonctionnelles, et l'on peut y faire, dieu merci, autre chose qu'un bowling. Placé comme il est, il doit permettre de boucler la boucle ludique », assure un connaisseur du dossier, qui laisse entendre qu'une issue positive serait proche. •