Il se sera fait attendre. D'abord prévue en fin de matinée, la venue du Mirage 2000 avait été reportée au début d'après-midi, les conditions climatiques n'étant pas favorables. Il flottait à l'aérodrome un sentiment d'impatience. Et l'arrivée de la Patrouille de France avait au préalable aiguisé l'appétit des passionnés. Derrière les barrières se murmurait que si la météo restait clémente les pilotes de la Patrouille pourraient peut-être offrir une démonstration. Quoi qu'il en soit le Mirage tenait la vedette. Certains faisaient même des pronostics sur son heure d'arrivée. Mais les vrais privilégiés ont été les élèves de CM2 de l'école du Sacré-Coeur de Valenciennes.
À peine sortis du bus, les yeux rivés vers le ciel, ils guettaient l'arrivée de l'oiseau de fer et de son pilote. Les enfants connaissaient bien ce dernier puisqu'il s'était rendu le 7 mai dans les classes pour évoquer son métier. Vers 14 h 30, un grondement a rompu le calme des cieux. C'était lui. Arrivé directement de Nancy.
Pour le plus grand plaisir de tous, le Mirage 2000 a offert une de ses plus belles prestations. D'abord un premier passage au-dessus de l'aérodrome, puis un second, spectaculaire, réalisant une chandelle, c'est-à-dire frôlant le sol pour remonter à la verticale. Les enfants étaient bouche bée. « C'est émouvant, on n'a jamais vu d'avion pareil surtout d'aussi près », lance Cheïma ; « On n'a appris que ce matin qu'on verrait le Mirage... C'est exceptionnel ! » assurent Amel, Sonia, Caroline et les autres. À voir leurs mines réjouies on pouvait les croire sans mal. Chacun et chacune y allait de son commentaire. Quand on leur apprend qu'un parachute se déploiera à l'atterrissage, c'est l'étonnement. « Mais pourquoi a-t-il besoin d'un parachute pour s'arrêter, les freins ne marchent pas ? » La plupart des élèves ont été stupéfaits de voir que l'avion s'est posé en douceur, lui qui venait de faire un bruit de tonnerre. D'autres surprises les attendaient. Après l'atterrissage, sous les yeux des curieux et des passionnés restés derrière les barrières, ils ont pu traverser la piste pour approcher l'avion de près, faire la bise au héros et poser leurs questions sur les détails de la machine. Bernard Potaux, adjoint au maire de Valenciennes mais aussi passionné d'aviation, ne cachait pas son émotion devant les sourires des enfants. Espiègles, ceux-ci l'ont questionné sur les animations du meeting. « Tous les avions que vous voyez vont voler ! » « Alors moi, je reviens », dit l'une... vite suivie par ses camarades. OLIVIA NAVEL