Coincé entre la mairie et l'église, le parking fraîchement achevé est vide. Balbutiements de début de la saison touristique ? « Pas du tout », s'empresse de rectifier un habitant, rencontré sur la plage du Châtelet. « Il ne sert strictement à rien. Sauf pour aller à la messe le dimanche. » Le parking doit accueillir les touristes de plus en plus attirés par le site des Deux-Caps. Sauf que la plage du Châtelet située en contrebas du village possède déjà son propre parking. « Personne ne se garera ici. Vous vous imaginez descendre de Tardinghen (quelques centaines de mètres) avec enfants et glacière ? » Casquette jaune vissée sur la tête, ce quinquagénaire qui vit dans le village depuis quinze ans, n'en démord pas : « Il y a quelques années, on était 120 habitants. On est désormais plus de 150. Pourquoi ces gens sont-ils venus ? Pour profiter du calme et de la nature. Il y a des gens qui aiment quand ce n'est pas aménagé », soutient-il, approuvé par une autre habitante. Financée par le conseil régional, la nouvelle aire de stationnement doit redynamiser le village, avec à terme des retombées économiques.
Il faut dire que la situation de Tardinghen est idéale : le promeneur peut admirer les falaises du cap Blanc-Nez et la baie de Wissant, tout en goûtant aux joies de la plage. « Pour combien de temps ? Ils veulent canaliser le tourisme. Tout le monde va se serrer du 1e r juillet au 31 août », peste le villageois. « Un moment, ils voulaient même fermer l'accès historique à la plage », rebondit l'habitante. Le maire lui-même serait plutôt hostile à certains points du projet. Contacté, Thibaut Segard n'a pas voulu s'exprimer sur le sujet. Seul espoir du Tardinghenois : un coup de projecteur sur la spécialité culinaire du village tombée dans l'oubli et la désuétude : les crêpes.