PAR VÉRONIQUE BERTIN
vbertin@lavoixdunord.fr PHOTO BRUNO FAVA
« Vous avez entendu le bruit quand vous êtes arrivée ? » À peine la porte de cette maison du Vignoble franchie que la question fuse.
En ce jour de fête du travail, Vincent Senocq n'a pas le visage reposé : « Cette nuit le grondement a encore été insupportable. J'ai appelé la police à 4 h. » Il n'a pas fermé l'oeil de la nuit. Les riverains de LME sont excédés : « Depuis une dizaine de jours, le bruit est redevenu insupportable. » Le 9 février, un arrêté préfectoral a été adressé à LME. Le directeur de l'usine doit se mettre en conformité (lire ci-dessous).
L'entreprise doit notamment renforcer l'insonorisation de ses bâtiments. Les membres de l'association Le Valenciennois environnement constatent que les travaux ont commencé mais sont sceptiques : « Ça ne sera jamais fini pour le 31 mai. » Date butoir fixée par le préfet pour la fin de ces travaux. Christian Lebrun, directeur de LME, confirme le démarrage du chantier de 3 M E et « de longue haleine ». Avec une difficulté de taille : trouver des entreprises disponibles pour intervenir dans un délai aussi court. « Nous sommes en train de mettre de l'isolant sur la partie toiture, sur le pignon et en façade », observe le directeur. Le pignon est déjà habillé d'une couche d'isolant de 90 mm ; une deuxième de 100 mm sera posée par-dessus. Les entreprises ont mis les bouchées doubles pour la façade. La toiture est bien avancée : « La partie haute est traitée au niveau des premières couches de revêtement. » Pour permettre aux couvreurs de travailler en toute sécurité, le four a été arrêté les 16 et 17 avril et les 23 et 24 avril. Isolation de l'extérieur pour ne plus perturber les voisins et isolation de l'intérieur pour protéger les salariés de l'aciérie : « Nous avons fait appel à un acousticien pour améliorer les conditions de travail. La paroi côté interne sera perforée de trous comme dans les studios d'enregistrement pour absorber le bruit ». Et ne plus le réverber. Les cloisonnements internes sont terminés. Là encore l'objectif est de mieux protéger les ouvriers de LME des nuisances sonores du four.
L'enquête publique portant sur l'autorisation d'utiliser le nouveau four (mis en service en toute illégalité depuis novembre) est terminée depuis le 7 février. Le commissaire enquêteur vient de transmettre son avis (lire page suivante). Le directeur de LME en a pris connaissance : « Il n'a pas traduit un avis de technicien. Il a résumé les plaintes et les demandes. » C'est donc maintenant au Comité départemental de l'environnement et des risques sanitaires puis au préfet de se prononcer. Le directeur ne semble pas inquiet : « La décision sera prise à un moment où l'entreprise aura réglé les nuisances. »