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Franchement, pour les trouver, il a fallu chercher. Si l'on fait l'impasse sur ces métiers qui sont sur le pont quoi qu'il arrive les jours fériés (policiers, pompiers, cheminots, commerçants ou professions de santé...), rares sont les salariés « ordinaires » qui ont travaillé hier. À quelques exceptions près, même la France qui se lève tôt à connu une panne de réveil, surfant sur le joli viaduc ensoleillé qui conduisait de l'avant-8 Mai à l'après-Pentecôte. Le lundi travaillé pour tout le monde, version Raffarin, se meurt lentement mais sûrement.
« Quand le bâtiment va, tout va » ? Pas si simple car hier, tous les grands chantiers lillois étaient à l'arrêt.
C'est à Hem, sur un lotissement en construction, que l'on a croisé les rares irréductibles. Pas le temps de penser au farniente pour Michel, le chef d'équipe, Cédric et Frédéric, ses collègues maçons, tous occupés à poser les fondations d'une maison sans trop se poser de questions. « Pour que ça marche dans le bâtiment, quand il fait beau, faut en mettre un coup et avancer un maximum », résume Michel. À deux pas de là, Cédric et Frédéric alignent les parpaings sans ralentir la cadence. D'ordinaire ce futur lotissement est une véritable petite ruche avec ballet des engins de chantier, valse des couvreurs et rumba des pelleteuses, mais là, les trois maçons se sentent un peu isolés.
Leurs seuls compagnons d'un lundi travaillé se trouvent quelques maisons plus loin. Ici, on n'en est pas aux fondations mais aux faux plafonds et aux cloisons. Daniel, Sébastien et Pascal s'affairent au rez-de-chaussée comme à l'étage. « On préfère travailler aujourd'hui, sinon il fallait venir un samedi, ou finir une heure plus tard pendant plusieurs soirs », explique Daniel.
En route depuis 7 heures, pour le casse-croûte du midi, les trois plaquistes ont terminé les restes des barbecues familiaux de la veille... en évitant de trop méditer sur ce lundi de Pentecôte loin des proches. « On y pense un peu quand même », confie Pascal.
Le paradoxe de cette journée de moins en moins travaillée et de plus en plus chômée, on le mesure à deux pas de là. De l'autre côté de la haie, devant l'aile retapée d'une vieille ferme qu'ils louent, Laurie et Maximilien ont sorti la piscine gonflable pour un moment de pique-nique puis de farniente avec deux couples d'amis. C'est une ambiance de club de vacances (voir la photo en une du journal), mais promis juré, ce matin tout le monde sera au boulot. •