Rue Gambetta à Lourches, le propriétaire a aujourd'hui vendu la maison en question. : La Voix du Nord valenciennes@lavoixdunord.fr PHOTO « LA VOIX »
Mouled Benderradji, un Denaisien de 39 ans, a dix jours pour faire appel du jugement prononcé hier par le tribunal correctionnel de Valenciennes.
Condamné à quatre mois de prison ferme et 3 000 E d'amende, il lui est reproché de ne pas avoir respecté un arrêté d'insalubrité et d'avoir profité de la situation de détresse d'une mère de famille pour lui louer l'habitation en cause.
S'il était à la barre du tribunal en compagnie de son neveu, le gérant de droit de la société civile immobilière (SCI) dont il faisait parti, Mouled Benderradji est apparu très vite aux yeux du tribunal comme « le gérant de fait » de la SCI. « Très actif dans la récupération des loyers », il avait également rempli le bail avec la jeune femme qui louera plus tard la maison située rue Gambetta à Lourches sous le coup d'un arrêté d'insalubrité pris le 18 juillet 2007.
Cette situation, les deux prévenus disent l'ignorer jusqu'au mois de septembre, date à laquelle le neveu se décide à aller chercher la lettre recommandée qui leur signifie la mise en demeure. La liste des travaux a effectué pour mettre l'habitation en conformité est alors longue.
Hier, devant le tribunal, Mouled Benderradji et son neveu maintiennent qu'entre la visite des experts et la prise de l'arrêté, « les travaux étaient quasiment faits. » « On va dire quand même que vous faites preuve d'un optimisme exagéré », les reprend le président Dupeyne, listant les travaux qui restaient à effectuer en février 2008 après le passage du bureau Véritas. Et à la substitut du procureur, Solène Faou, de rappeler d'un ton sec à l'intention de Mouled Benderradj qu'« on ne loue pas un bien tant que l'arrêté d'insalubrité n'est pas levé ». « Et vous saviez qu'en tant que propriétaire, vous aviez à faire face à vos responsabilités », lui lance-t-elle, agacée par le comportement du prévenu. Le Denaisien est en effet sous le coup d'un contrôle judiciaire dans le cadre d'un premier dossier de logements insalubres quand il loue la maison à la mère de famille.
« Sa pleine connaissance de la situation de l'immeuble fait de lui un responsable », a rappelé Solène Faou qui ne peut le poursuivre en récidive. Mais cette « légèreté » dégagée par le prévenu a poussé le parquet à requérir six mois de prison ferme contre Mouled Benderradji qui fait preuve « d'une mauvaise foi manifeste ». Le tribunal a tranché.