Première étape à Liévin. La ministre de la Justice a prévu d'ici à la fin du mois de se rendre dans cinq des trente-quatre centres éducatifs fermés de France expérimentant la prise en charge pédo-psychiatrique des mineurs délinquants. En début d'après-midi, elle a ainsi rencontré l'équipe encadrante du CEF liévinois, avant d'entendre les jeunes, à « ouïe clos ». Finalisée depuis juillet avec l'arrivée de deux infirmiers spécialisés en psychiatrie, deux psychologues et un pédopsychiatre, l'expérience offre déjà des résultats probants. « Nous pouvons désormais, grâce au personnel soignant, dédramatiser des situations de crise. Les relations entre jeunes et éducateurs sont apaisées », commentait Jean-Luc Przymencki, chef de service.
Radicha Dati ira plus loin, affirmant que 61 % des mineurs (victimes de troubles psychologiques, psychiatriques ou d'addictions) soignés ne récidivent pas.
Changement de décor, ensuite, au moment de rendre visite aux élèves d'une classe de troisième du collège Bodel, à Arras. Au menu du cours d'éducation civique, « Être citoyen ». Tout un programme, dont la garde des Sceaux se sera efforcée de tirer la quintessence en une demi-heure.
Puis direction les quartiers Ouest, « populaires », de la capitale atrébate, pour une rencontre avec les habitants, dont les questions, posées avec une sympathique irrévérence, auront rappelé à la ministre combien, effectivement, entre les salons cossus de la République et le terrain, les divergences sont nombreuses.
Ce qui n'aura pas pour autant infléchi la position de Rachida Dati, fermement décidée à mettre un bon coup de pied dans la fourmilière et à poursuivre sa réforme « d'un modèle judiciaire datant du XIXe siècle, et qu'il faut désormais adapter à l'évolution de la société, pour en faire une justice de 2008. »
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VIRGINIE PRUVOST ET HUBERT FÉRET
> lavoixdunord.fr
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