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jeudi 15 mai 2008

Un jeudi noir dans les écoles de la région

Les fonctionnaires descendent dans la rue aujourd'hui à l'appel de leurs fédérations. En première ligne, les enseignants, qui constitueront le gros des cortèges. Du coup, les écoles fermées seront nombreuses mais un service minimum d'accueil sera mis en place dans certaines communes.

PAR CHRISTOPHE CARONET NICOLAS FAUCON

region@lavoixdunord.fr

PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE Jeudi noir en perspective dans les écoles. L'appel à la grève lancé par l'intersyndicale de l'Éducation nationale devrait être largement suivi dans les établissements scolaires. En attendant la manifestation unitaire du 22 mai sur la défense des retraites. Aujourd'hui, on attend quelque 40 % de grévistes parmi les enseignants du premier degré (écoles) et 45 % dans le second degré (collèges et lycées). De 3 000 à 5 000 manifestants sont annoncés dans les rues de Lille. Des enseignants et lycéens pour la plupart, mais aussi des policiers, du personnel hospitalier et des collectivités territoriales... Lors de la manifestation du 24 janvier, quelque 4 000 fonctionnaires avaient défilé contre les suppressions de postes dans la capitale des Flandres et le rectorat avait enregistré 33 % de grévistes.

Les raisons de la colère sont toujours les mêmes. « Les suppressions de postes le simulacre de concertation autour des nouveaux programmes la teneur de ces programmes la volonté de diviser le monde enseignant le service minimum, qui est une véritable provocation les stages de remise à niveau qui stigmatisent les enfants en difficulté, énonce Bruno Robin, directeur d'école à Flines-lez-Raches et secrétaire FSU Nord.

Franchement, on vient de passer un hiver détestable. Depuis septembre, il manque une centaine de personnes pour assurer des postes de titulaires dans l'académie, alors on tape dans les remplaçants et les dispositifs Réseau d'éducation prioritaire. On n'a donc plus de remplaçants disponibles.

 » Karine Boulonne est enseignante au lycée Darchicourt d'Hénin-Beaumont et secrétaire académique adjointe du SNES-FSU (majoritaire dans le secondaire).

« 804 postes vont être supprimés cette année dans l'enseignement secondaire, dans l'académie de Lille, rappelle-t-elle. Il est normal que, dans la région, on se sente floué. » Et de dénoncer les remplacements et les affectations, «  ubuesques ». Illustration : «  J'ai un collègue en lettres modernes, qui doit assurer des remplacements en collège à Arras, Méricourt et aussi à Vermelles, dans le Pas-de-Calais. Pas pratique. Un autre collègue est affecté dans le Douaisis et dans le Valenciennois, et il doit faire 45 km en soixante minutes, évidemment entre midi et une heure. Sans oublier les affectations hors discipline... »

Casse-tête

Les nouveaux programmes adoptés lors de la récente réforme de l'école primaire ont encore mis de l'huile sur le feu. « Ils ont été préparés de manière non démocratique, dénonce Jacques Devoddere, secrétaire académique adjoint au SGEN-CFDT . Dans l'esprit, nous sommes attentifs à la question des élèves qui sortent de l'école sans qualification. Mais ce que prépare le ministre est une mauvaise réponse. Les techniques opératoires (le calcul en somme) doivent être connues par coeur, mais on enlève la connaissance du sens de l'opération. » Conséquence de cette forte mobilisation, beaucoup d'écoles sont fermées dans la région, aujour-d'hui. Pour les parents, le casse-tête de la garde des enfants se pose à nouveau. D'autant que le service minimum d'accueil, expérimenté pour la deuxième fois aujourd'hui, ne rencontre pas un franc succès. Quelque 2 870 municipalités, majoritairement UMP, ont dit oui au plan national. Dans la région, elles sont 75. À peine plus que le 24 janvier.

Valenciennes (UMP) est de celles-là. «  On se devait de répondre aux attentes des nombreuses mamans qui ne pouvaient poser un jour de congé ou une RTT, explique Laurent Degallaic, adjoint en charge de l'éducation. Mais notre volonté n'est pas de brouiller les messages des enseignants. C'est pour cela que nous organisons cet accueil dans une salle de sport et non dans une école. » Pour la ville de Dunkerque (PS), mettre en place un SMA reste «  inimaginable ». « On n'est pas là pour pallier le désengagement de l'État, s'exclame Hervé Alloy, directeur de cabinet du maire. D'autant que les Dunkerquois n'ont pas fait remonter de demandes particulières... » • VLa manifestation lilloise démarrera à 14 h 30. Rendez-vous porte de Paris, avec les lycéens en tête de cortège.

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