Les collections du musée des Beaux-Arts de Valenciennes n'étaient plus visibles depuis le 1er juillet 2007, les salles d'exposition ayant été vidées pour laisser place à Pharaon. Une fois déménagées les oeuvres égyptiennes, quelques coups de pinceaux et autres toilettages des lieux réalisés, toute l'équipe a renoué avec le frétillement qui accompagne la mise en place d'une nouvelle saison, fut-elle, en 2008, plus courte.
Quelques tableaux ont trouvé une nouvelle place, les éclairages ont été refaits de même que la boutique, le site internet a fait peau neuve, la programmation a été présentée, le nouveau logiciel de billetterie fonctionne, le personnel est prêt : à quelques heures de la réouverture, Emmanuelle Delapierre, la directrice, ne cachait pas son plaisir de retrouver le public lors de « La Nuit des musées ». « C'est l'occasion de croiser les gens en famille. Ils ont le temps, échangent. Ils vivent le musée à leur rythme. Il y a du monde, mais pas de bousculade. L'ambiance est particulière, très belle », explique Emmanuelle Delapierre.
Lors des précédentes éditions de l'opération, plus de 2 000 visiteurs avaient franchi le seuil du superbe bâtiment sis boulevard Watteau.
Mais ce soir, le public sera sans doute plus nombreux : « privé » des oeuvres depuis pratiquement une année, il aura plaisir à les retrouver. « Nous avons voulu que les visiteurs soient les acteurs de la (re) découverte du musée, insiste Emmanuelle Delapierre.
Pour ce faire, nous leur proposons une expérience sensible et dynamique. » Ou comment les nouvelles technologies, la musique contemporaine d'artistes singuliers peut permettre un nouveau regard sur une sculpture, une peinture. Art Zoyd sera ainsi présent... sur les marches, proposant un espace sonore maritime. Après cette invitation à rejoindre l'aventure artistique des plus grands peintres, les voix énigmatiques de robots et Androïdes guideront le visiteur... Toute l'originalité de Gérard Hourbette et Carl Faïa s'est nichée dans l'oeuvre de Carpeaux, lui apportant un éclairage singulier et marquant. « Les musiciens ont joué sur les regards, les expressions, l'histoire des oeuvres aussi... Le son bouge en fonction de la visite et du visiteur », détaille la directrice du musée.
Manuel Vidal, lui, a été invité à concevoir un parcours dans les collections permanentes. Ingénieur du son pour le cinéma, il s'en est donné à coeur joie, nichant ici et là de petites surprises sonores. « Il fait vivre une image, une ambiance, permet de prendre conscience autrement d'une oeuvre », ajoute Emmanuelle Delapierre.
Si la « Nuit » du musée et donc de la réouverture sera le point de départ de cette union entre l'art pictural, la sculpture et la musique, les sons envelopperont le musée jusqu'à fin juillet.
MARTINE KACZMAREK